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Ethnicity 01 (Tomes 1-2) , futur imparfait

Un titre approuvé par Claude Guéant

mardi 31 juillet 2012 - | 3 commentaires par Nemo

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Avouez que c’est pas super vendeur !

J’ai une véritable fascination pour l’éditeur Doki Doki. Une vraie maladie principalement due au fait que je n’ai honnêtement aucune idée de la façon dont fonctionnent les choses chez eux. En effet, cet éditeur, visiblement très loin d’avoir les capacités de la machine de guerre des concurrents (même si il a fait récemment l’acquisition de la licence Magica Madoka), est une sorte de catalogue manga complètement aléatoire qui peut vous sortir aussi bien le pire que le meilleur.

(Digression totale, c’est la fête !)

Pour ne parler que du meilleur, je retiendrais Otaku Girls, manga passionné et passionnant dont la traduction assez barrée semble prendre un pied monstrueux à faire son boulot, ainsi que Giga Tokyo Toybox , véritable recommandation de lecture pour tout joueur de jeu vidéo qui sait mêler joyeusetés scénaristiques, philosophie de la création et monde cruel du business du jeu vidéo. Et à côté de ça, se perdent dans les rayons, des mangas dont quasiment personne ne se souviendra du nom. A tort ici pour Ethnicity 01 car Nobuaki TODANO , déjà auteur du globalement imparfait mais totalement sympathique « 7 milliards d’aiguilles », revient ici avec une histoire des plus plaisantes.

Frontières

On le pressentait déjà dans « 7 milliards » mais le talent de cet artiste s’exprime plus volontiers dans ses scénarios que dans sa forme globale. En effet, le style de Todano est assez quelconque, devenant parfois, mais assez rarement tout de même, assez moche. Il en de même pour la mise en scène guère complexe et qui se garde bien de mettre les pieds dans ce qui semble non maîtrisable pour l’auteur. Les avantages de cette retenue volontaire payent direct : ainsi le trait se protège des erreurs fatales tout en assurant le minimum nécessaire et une clarté des plus appréciables au fil des planches. Toutefois, la « faiblesse » visuelle d’Ethnicity 01 est compensée par l’imagination fertile du mangaka capable d’écrire un scénario de science-fiction qui cumule assez rapidement les bons points.

L’histoire d’Ethnicity 01 a pour héroïne Niko, une « citoyenne » de Sensoram, ville futuriste d’un monde imaginaire où les nations ont disparus et où la gestion de la population se fait via des E-Pets, des créatures virtuelles parlantes se trouvant dans un appareil électronique multifonctions personnel dont les habitants semblent ne jamais se séparer. Niko, jeune ado élève et citoyenne modèle, possède elle aussi un E-Pet nommé Kune qui prend la forme d’un chat noir. L’enchaînement des événements se révèle classique pour ce genre d’histoire.

Niko sera amené à découvrir ce qui se cache derrière la façade rassurante de Sensoram et surtout hors de la ville. En effet, dans les environnements extérieurs s’entassent les « exilés », des personnes chassés de Sensoram pour cause de profil génétique trop imparfait ou de perte de tous leurs « points de citoyenneté ». Au fil du temps se sont constitués de villages et autres bandes où les gens subsistent tant bien que mal se protégeant des crache-morts, énormes robots capables de tuer un homme en le transformant en plastique.

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Protecteurs

Le résumé précédent ne contient pas tous les éléments du background d’Ethnicity 01 qui s’avère beaucoup plus complexe qu’on pourrait le croire. Si la plupart des notions se sont déjà retrouvés dans bon nombre de récits de science-fiction, leur assemblage et leur découverte par le lecteur sont travaillés et généralement très bien pensés. Le concept des E Pets est par exemple amené via le personnage de Kune qui doit « guider » Niko. Loin de la figure austère du méchant programme auquel on pourrait s’attendre, ce chat virtuel s’avère autant utile à Niko dans son rôle de protecteur qu’il est un insupportable mais subtile défenseur de l’ordre établi.

Difficile de le détester totalement donc, d’autant que ce personnage devient un excellent moyen pour l’histoire de montrer les doutes grandissants de Niko envers Sensoram au travers de sa relation avec Kune. Et l’histoire continue ensuite de se complexifier en révélant petit à petit ses éléments, son univers astucieusement futuriste et ses personnages assez charismatiques. Mais difficile de vous en dire plus tant la découverte de ces tas de petit recoins de l’univers d’Ethnicity 01 est sans doute l’élément de lecture le plus agréable. Tout aussi difficile est de croire que Ethnicity 01 s’arrêtera avec la sortie en septembre de son 3ème et dernier tome car à la lecture de ces 2 premiers volumes, je ne peux m’empêcher de penser que tout ça laissera probablement un sale goût de frustration dans la bouche qui rappelle celui laissé par la fin de l’anime Fractale.

Clairement maladroite dans son exécution, manquant de charisme et loin de la perfection, Ethinicity 01 est pourtant une œuvre originale, travaillée, attachante et faisant preuve d’une subtilité dans la narration d’un manga qui est rare. Pour le potentiel et son univers, voilà un manga dont je recommande la lecture.

3 Messages

  • - Le 1er août 2012 à 08:41
    Gemini

    Voilà un article qui fait plaisir, car nous n’avons finalement pas tant d’articles que cela sur les manga publiés en France. Là, je ne connaissais pas du tout ce manga, donc merci.
    Comme toi, je ne comprends pas vraiment Doki Doki, éditeur tout-de-même porté par le groupe Bamboo, éditeur qui se fait des couilles en or avec ses histoires de fonctionnaires ou de footballeurs. Chez eux, j’ai vraiment des titres très différents : Otaku Girls, Aya Conseillère Culinaire, Broken Blade, L’Académie des Ninjas, pas vraiment de points communs sinon que ce sont des manga que nous n’imaginerions pas forcément sortir en France. A force de fouiller dans les poubelles des gros éditeurs manga, les petits arrivent parfois à sortir des perles (je n’ai jamais été déçu par les quelques séries Doki Doki que j’ai pu acheter).
    Ethnicity 01, à voir. Cela peut être bien sympa.

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  • - Le 1er août 2012 à 10:10
    Sirius

    Malheureusement, l’auteur a perdu toute ma confiance avec 7 milliards d’aiguilles. J’ai peu apprécié les fumeuses élucubrations prophétiques qui jonchent les deux derniers volumes dans une ambiance trop fantasque à mon goût...

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    • - Le 1er août 2012 à 10:15
      Nemo

      C’est loin d’être le cas ici. On verra ce que ça donne pour le volume 3 mais niveau délire c’est plutôt « calme » pour l’instant. :)

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