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Onani Master Kurosawa. Pour l’amour de Dieu, lisez ce manga !

Bande d’adolescents.

samedi 8 août 2009 - | 16 commentaires par Nemo

UPDATE : OMK est désormais disponible en intégralité en VF : http://nonametrad.wordpress.com/

Pour ceux qui connaissent la signification du mot « onanisme », le titre de ce manga peut faire peur, très peur. Et pourtant oui, Onani Master Kurosawa commence par une histoire de branleur, au sens littéral et cru du terme. Kurosawa est le nom de notre héros et il exécute quotidiennement un rituel des plus étranges. Tous les soirs, après les cours, il reste dans la bibliothèque à lire en attendant patiemment que tous les autres élèves soient partis. Puis il rejoint les toilettes des filles, celles du 3ème où il n’y a jamais personne, et il se branle purement et sauvagement en fantasmant sur sa « victime » du jour. Tout en prenant le soin ensuite de nettoyer toute trace de son « forfait ». Évidement, tout ceci n’est pas sans risque, car si la branlette est par définition une activité solitaire, Kurosawa ne va pas tarder à faire des rencontres imprévues.

Kurosawa, Kitahara, Nagaoka & les autres.

Imprévues, car Kurosawa est à l’image de son sport de prédilection : solitaire, un peu reclus, limite méprisant bref c’est quelqu’un de bien peu social. Pourtant il est sans cesse suivi par un drôle d’oiseau nommé Nagaoka, sorte de leader des otakus de sa classe, qui est amical avec plus ou moins tout le monde et s’accroche à Kurosawa même si celui ci ne lui rend pas grand chose en retour. Mais d’autres rencontres sont encore plus imprévues, pire redoutés.

Ainsi, un soir après avoir accompli son rituel, une des peurs de notre héros se réalise. Il a été surpris sortant des mauvaises toilettes par Kitahara, une fille timide , lui ressemblant un peu par son côté associable, et qui fait penser, selon Kurosawa , à un écureuil apeuré.

Toutefois Kurosawa ne tient pas vraiment compte des autres. Il rejette Nagaoka sans ménagement et se comporte avec lui de façon plutôt hypocrite. Sûr de sa supériorité, il raconte un bobard moyennement crédible à Kitahara pour se débarrasser du problème. Mais pour lui, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. Kurosawa va passer dans la classe supérieure une fois les vacances terminées.

Il reste alors égal à lui même : impatient de retrouver son rituel, peu soucieux d’autre chose que de la « qualité de sa matière première » (les filles de sa classe) et prêt à continuer sans passion ni rêve sa vie scolaire. Cette année sera pourtant loin d’être ennuyeuse , notamment puisqu’il retrouvera Kitahara dans sa classe.

Kitahara est la tête de turc des filles de sa classe, son apparence et son attitude semblent même faire penser qu’elle l’a été toute sa vie. On le sait, le harcèlement scolaire (ijime) prend des proportions importantes au Japon. Mais ce qui frappe chez Kitahara, c’est à la fois la continuité des attaques et son extrême niveau de résistance. Résistance qui consiste à supporter et au pire à plier. Intelligente et travailleuse, Kitahara est avant tout une boîte noire dont nul ne sait vraiment ce qu’il va sortir.

L’école de la vie

C’est d’ailleurs avec la véritable entrée en scène de ce personnage que le manga commence vraiment. Le rituel de Kurosawa ne devenant plus qu’un détail de l’histoire. Car ce que OMK raconte avant tout, ce sont les histoires de ses personnages principaux et , au second plan, de toute la classe de Kurosawa. En dire plus est tentant mais cela relèverait purement et simplement du spoiler et du véritable gâchis de la découverte et par conséquent, même si c’est un crève cœur, je m’abstiendrais donc.. Sachez cependant que la fin est courageuse et grandiose et que le scénario alterne avec une justesse de rythme qui impressionne les révélations et les moments plus introspectifs. Il faut d’ailleurs un certain temps pour voir où le scénariste veut nous emmener car même si Kurosawa reste le personnage principal, c’est lui que l’on suit et il est narrateur, OMK traite avant tout de l’adolescence, thème finalement peu traité en profondeur dans une production manga qui n’a pourtant que trop de héros adolescents.

C’est là que se trouve le véritable fil rouge de l’histoire. Le rituel de Kurosawa n’est au final qu’un exemple des nombreux problèmes qui peuvent arriver lors de cette période de la vie. Et pour une fois , un manga a décidé que l’adolescent n’était pas juste un héros qui vit une période cool de sa vie mais un être humain traversé par un torrent d’interrogations et de réponses contradictoires et souvent fausses sur beaucoup de sujets et particulièrement sur ses liaisons avec les autres. C’est un véritable contre pied fait à la plupart des scénarios de la production manga qui parle beaucoup trop peu et trop rarement de ces aspects là de ses héros. Mais il est vrai que c’est un pari sacrément casse gueule si l’on veut que ça marche.

Là, le pari est toutefois relevé avec brio par OMK car le scénario arrive à la fois à trouver les bonnes questions (celles qu’on s’est tous plus ou moins posées) et à mettre en scène les mauvaises réponses (celles qu’on a tous plus ou moins trouvées). Les personnages prennent alors une profondeur impressionnante dans une histoire qui permet au scénariste et au mangaka de briller dans l’art pour le premier de la nuance et pour le second de la mise en scène. C’est d’ailleurs un autre point fort de OMK qui arrive à mettre en forme de façon originale son histoire. Si la mise en page est somme toute assez académique, elle n’en est pas moins réussie et est renforcée par le style originale du dessin, sorte de mélange entre un cahier de brouillon et un manga finalisé.

Pour l’amour de Dieu, lisez le !

OMK est un manga puissant, très puissant. C’est une œuvre unique, intelligente, originale et d’une justesse absolue en dehors de ses quelques tentatives d’humours rarement bien placés. C’est aussi et surtout une œuvre profondément vivante tout comme le sont ses personnages et , à ce point de la critique, autant vous l’avouer OMK m’a secoué comme rarement manga l’avait fait avant. Après lecture, il m’a bien fallu quelques heures pour me « remettre » de ce véritable coup de poing dans le ventre et je n’aurais pas assez de mot pour décrire combien j’adule ce manga.

Pourquoi ? Parce que tout y est quasiment parfait. Parce que ces personnages sont 1000 fois plus vivants que bon nombre d’autres héros. Les héros de OMK sont troublants de vérité tandis que l’histoire est aussi injuste et belle qu’est la vie et croyez moi ça ça change tout.

Et vous savez ce qui m’a vraiment foutu sur le cul ? Scénarisé par Ise Katsura et dessiné par Yoko, cet OMK qui fout une claque gigantesque à une bonne partie de la production actuelle est un manga amateur qui ne sera probablement jamais édité et qui, sans l’existence d’Internet, serait de façon quasi certaine tombé dans l’oubli. A ce niveau là, on peut presque parler de miracle.

Un chef d’oeuvre.

P.-S.

Onani Master Kurosawa est disponible en intégralité et en anglais ici : http://www.mangafox.com/manga/onani_master_kurosawa/

16 Messages

  • - Le 8 août 2009 à 21:05
    kyouray

    Bel article.
    Ce qui est dommage, c’est que le synopsis du manga peut rebuter certaines personnes et les faire passer à côté d’une oeuvre puissante.

    • - Le 8 août 2009 à 21:28
      Nemo

      Merci. Tout à fait d’accord sinon , mais passer outre le premier aspect fait aussi parti de l’expérience OMK.

  • - Le 9 août 2009 à 00:35
    superchausette

    +1

    Ce manga est puissant ! Ne soyez pas rebutté par le synopsis. Le début est humoristique et parodique (Code Geass et Death Note) et la dernière partie du manga est vraiment surprenante et très rafraichissante !
    Ce n’est as un manga de pervers avec des tentacules

  • - Le 9 août 2009 à 07:35
    Amo

    Putain, effectivement, je m’y suis enfin mis depuis le temps (cet article m’a convaincu, celui de Citron Fraise y’a une semaine était déjà assez prometteur) et là j’en suis au chapitre 20 et, franchement, c’est... vraiment un grand manga. La fin du chapitre 16 a 17, j’ai senti mon coeur souffrir un peu parce que ça m’a fait ressentir un truc que j’avais pas ressenti depuis longtemps, et là je lis avec une putain de tristesse la suite et... mais voilà quoi, y’a un truc avec ce manga et ouais, faut le lire, faut vraiment y jeter un oeil. C’est sans doute le truc le plus proche d’une véritable adolescence que n’importe quoi d’autre.

  • - Le 9 août 2009 à 07:47
    Etsi

    Manga sympa, mis à part la dernière partie qui, elle, est simplement honteuse.

    • - Le 9 août 2009 à 12:26
      Nemo

      Honteuse ? Pourquoi ?

      • - Le 9 août 2009 à 17:14
        Etsi

        Car on passe d’un collégien stupide et relativement crédible dans ses réactions démesurées face à sa petite frustration de gamin à un PUTAIN DE JESUS-CRHIST « JE VAIS VOUS SAUVER DE VOS PÉCHÉS »

  • - Le 10 août 2009 à 05:29
    Sonocle Ujedex

    Il sauve les péchés de personne, il a juste décidé d’avoir un rapport concret et frontal avec ses camarades plutôt que s’ostraciser par crainte de ces rapports et de les fantasmer uniquement qu’à travers l’onanisme. Et il a choisis le meilleur moment pour le faire : après s’être rendus compte du néant émotionnel et des malheurs causé après cette série de « fap note », commis par un ado irresponsable et faible face à ses sentiments. Très bon rebondissement qui déjà fait ses preuves, car après, au plus bas, on ne peut que remonter.

    Je t’ai répondus aussi sur l’Editotaku, si ça t’intéresse, Etsi.

    Moi, j’ai rien à redire. j’ai finit ma lecture, et je dois dire que c’est ce qu’on devrait normalement attendre d’un manga sur le lycée et l’adolescence (même si le lieu est techniquement est le collège, mais les codes reste ceux du « manga lycéen »).
    Une grande lecture. Merci à toi Nemo, ainsi que Cdt et Sirius pour m’avoir poussé à lire ce manga. Je n’ai pas mis longtemps pour le dévorer et je le compte maintenant comme un de mes favoris.

  • - Le 10 août 2009 à 08:17
    Mister Kzimir

    C’est en partie , cet article qui m’a fais rédiger un artcile ego-centrique XD.

    La fin est juste superbe

  • - Le 15 août 2009 à 10:24
    Putois Putassier

    Nemo, merci.

    Vraiment.

    Ça faisait vraiment longtemps que je n’avais pas gouté un manga d’un tel calibre émotionnel.
    Il y avait des moments un peu maladroits au début (les plans à la Death Note, en beaucoup moins convainquant.) mais quand la série a pris son envol, de mon côté j’ai pris une sacré claque.

    Cependant, je ne vais pas encombrer les commentaires en vantant les mérites énormes de ce manga, je voulais juste te remercier pour cet article qui m’a fait cliquer sur ton lien.

    C’est fait ! ;)

    Ps : Tu dis qu’il n’est pas édité. Cela vaut pour la France uniquement ou est-ce un constat généralisé ? J’entends par là : Et au Japon ? J’avoue que le système japonais est encore un peu opaque pour moi, et je ne suis pas certain du sens à donner au mot amateur dans ces lointaines contrées. Un tel manga n’aurait pas eu les honneurs de se voir édité sous forme de volumes reliés ?
    Si une édition anglaise existe, je suis preneur. Mais je rêve éveillé ! (Sinon il n’y aurait pas de scan dispo...)
    Bref si quelqu’un sait ce qu’il en est des éditions...

    • - Le 15 août 2009 à 13:43
      Nemo

      Salut ,

      Quand je dis aucune édition, c’est aucune d’officielle que ce soit au Japon et ailleurs. Je suppose que comme c’est un doujin , il a dû être édité pour des conventions par ses auteurs mais en dehors de cela , pas de nouvelles.

      Sinon, de rien et fais passer le message car si une bonne âme, Pso si tu me lis, ne m’avait pas montré ce manga, jamais je ne l’aurais découvert. ;)

      • - Le 23 août 2009 à 22:49
        Pso

        Bah écoute, ça me fait vraiment plaisir qu’au final, ça te plaise autant !

        Dans le fond, vu la réputation du titre, je savais que ça serait du bon, mais je pensais pas que ça le sera à ce point. J’ai surmonté mon anglophobie, et je me suis enfilé les 4 tomes au complet, les 31 chapitres. Je m’attendais vraiment pas à ça. C’est vraiment du lourd, c’est maitrisé et surtout, c’est vraiment peu prévisible, si ce n’est la fin, malheureusement (à la limite, j’aurais aimé un petit « XX année plus tard, voyons comment tout le monde a grandit » que ce 31ème chapitre légèrement inutile).

        Que ça soit au niveau de l’histoire en elle même, du déroulement ou des personnalités, rien - que ça soit dans le synopsis ou l’impression donné par le premier tome - ne laisse présager une telle tournure des évènements. Mais vraiment. Enfin, sans vouloir tomber dans branlette (huhu) pour décrire le manga, je dirais juste que c’est du tout bon sur toute la ligne, que le dessin est très maitrisé aussi (les passages « dramatique » sont absolument superbe) et l’histoire, aussi courte soit-elle, est vraiment prenante. Court mais intense, en gros.

        Et Nagatsuka/Nagaoka (ça dépend de la trad’, zarb), quel putain de BG :afro : (c’est le cas que le dire...)

  • - Le 1er décembre 2009 à 20:26
    Chadauw

    Après avoir vu tous ces articles sur blogchan (sans vraiment les lire dans un premier temps, j’avoue), je me suis dit que j’allais jeter un coup d’œil à ce manga.

    Que j’ai dévoré.

    J’étais pas totalement convaincu au début, mais la suite m’a complètement captivé.

    Chapeau à l’auteur, et merci de me l’avoir fait découvrir.

  • - Le 29 octobre 2011 à 21:10
    Baka shinji

    Salut bel article , qui me donne l’envie de débuter ce mangas . Auriez-vous des liens pour lire les scans en fr svp ?

  • - Le 18 février 2012 à 04:59
    Bazoo

    J’ai découvert ton blog recemment, gràce à celui de Concombre Masqué.
    Je n’ai jamais été un grand lecteur de manga, ni un grand lecteur tout court, et en voyant le résumé d’Onani Master Kurosawa, j’ai été quelque peu surpris, mais pas rebutté.
    Je l’ai donc pris, et je n’avais meme pas fait attention au fait qu’il s’agisse d’un travail amateur.

    Que dire, je l’ai dévoré, sur 2 soirs.
    Je me suis sans aucun doute reconnu dans pas mal de parties du personnage, d’où ce message plutot massif.
    C’est la première fois qu’une simple lecture fasse battre mon coeur ( sauf peut etre Persona 3 mais il n’y a pas que de la lecture ).

    Dans tous les cas, meme si je suis, en quelque sorte, tombé par hasard sur ton blog, « Merci »

    PS : Brestois ? ils sont partout on dirait ;)

    • - Le 12 mars 2012 à 23:58
      Nemo

      Purée je vois ton message que maintenant, eh ben merci à toi aussi, ça fait plaisir de lire ça. :)