Désolé mais je ne lui taillerais pas un costard.


Kill la Kill, anime de haute(s) tenue(s)

Des jeunes femmes qui se poutrent la tronche dans des tenues qu’on croirait dessinées par un pervers frustré en rut. Voilà comment on aurait pu définir Kill La Kill avant son lancement et en se basant uniquement sur les premières trailers. Sur la forme, la série avait en effet tout pour devenir la nouvelle beauferie otak à la mode. Pourtant quelques solides arguments contraires nourrissaient un doute raisonnable : à commencer par son réalisateur Imaishi qui est loin d’être un inconnu, il a quand même derrière lui de nombreuses années à Gainax et surtout la réalisation de « Gurren Lagann », ensuite la série est produite par le jeune studio Trigger déjà responsable de l’enthousiasmant mais hélas trop court « Little Witch Académia » et pour terminer il y avait dans toutes ces previews une folie annonciatrice d’une série étrangement épique, un peu comme un chien fou à qui on aurait filé de l’ecstasy. 24 épisodes plus tard, on n’aura pas complétement évité le malaise mais qu’est-ce qu’on se sera éclaté.


Présidentes du Club de Baston

Dès le départ, Kill La Kill semble avoir adopté pour règle que le mot « trop » n’existe pas chez elle. La série se déroule dans un univers futuriste décalé et démarre par l’arrivée de Ryūko Matoi, une jeune fille ultra-fonceuse armée d’un demi-ciseau géant pour arme et qui sera notre héroïne, dans un lycée où règne d’une main de fer Satsuki Kiryūin à qui personne, mais genre même pas toi derrière ton écran, ne dit quoi faire. Ryuko accuse Satsuki d’avoir tué son père et déjà l’univers violent et fou se met en place. Déluge de violence et de textes qui claquent à l’écran et très vite Ryuko rencontrera ce qui fait la force dans ce monde à savoir des uniformes faits dans une fibre vivante spéciale qui donne des capacités surhumaines. Le sien, nommé Kamui Senketsu, est particulier puisqu’elle peut communiquer avec lui et il peut absorber les fibres vivantes des uniformes battus. C’est débile ? Assurément. C’est épique ? Violemment.

Et si en plus de tout cela, vous rajoutez une side-kick délicieusement folle et sa famille, 4 autres seconds couteaux classes, des personnages secondaires délirants, des méchants charismatiques ou complètement bêtes et des combats qui donnent droit à de l’ecchi toujours sur le fil entre l’osé et le honteux, vous obtenez Kill La Kill : une série où les rares moments de sérieux sont au service de la baston et de l’épique de haut niveau lui-même servant régulièrement la soupe à un fun idiot très primaire où seul compte de montrer du slapstick à un niveau fucking awesome. Visuellement, cela donne un spectacle de bonne facture, un brin répétitif ou faiblard ici ou là mais qui globalement assure le coup. Aidé par une OST très entraînante, l’esthétisme global est suffisamment claquant pour marquer sans toutefois imposer grande originalité.

Terriblement efficace…

Reste que la meilleure arme de Kill La Kill est la prime à l’efficacité. Série à l’image de son héroïne, Kill La Kill fonce droit au but et n’hésite jamais à forcer le trait de la caricature pour arriver à ses fins. Tant qu’on peut faire plus awesome, continuons à grossir le trait et à passer outre les détails semble être le leit motiv générale de ces 24 épisodes. Et il faut bien avouer que là où cela fonctionne (c’est à dire dans énormément de cas), cela s’avère d’une efficacité redoutable. Les personnages forment une bande avec un taux de charisme étonnamment élevé, l’ensemble est souvent drôle voire très drôle, la série tient le rythme de manière effrénée et semble ne jamais vouloir s’arrêter. Quand aux rebondissements, si ils sont plutôt prévisibles, leur mise en scène badass sauve le coup.

On pourra certes trouver à l’histoire quelques autres défauts comme la fait d’avoir une héroïne qui subit beaucoup plus les événements qu’elle ne les provoque ou les maîtrise ou ses quelques retournements un peu facile mais cela parait bien peu comparé à l’intensité que peut prendre le récit que ce soit dans le léger comme dans le plus grave. Il n’y a pas à proprement parler de morale ou de message à Kill La Kill, outre les traditionnels discours des shonens, mais avouons qu’on est pas vraiment là pour ça.

Malheureusement à force de foncer sans se poser trop de questions, Kill La Kill n’échappe à quelques murs dont le plus inacceptable reste ses 2 scènes qui sans rien dévoiler explicitement sont une troublante analogie du viol sans réelle condamnation de la chose ainsi que ces trop nombreuses séquences qui présentent avec humour ce qu’on pourrait pourtant aisément qualifier de harcèlement sexuel. Cela suffit-il à faire de Kill La Kill une série sexiste ? Globalement non mais la question mérite d’être posée car le malaise est bel et bien présent et ses séquences injustifiables et vulgaires entachent et empestent une série pourtant extrêmement agréable à regarder en dehors. Faut-il pour autant appeler au boycott ou refuser de regarder Kill La Kill ? A titre personnel, je ne pense pas car la série n’a pas bénéficié de tant de hype pour rien tant le charismatique spectacle est drôle et prenant et qu’il serait dommage de passer à côté.

Une fois ses 24 épisodes terminés, Kill La Kill s’avère avoir tenu une grosse majorité de ces promesses. La série se voulait drôle, elle est parfois même très drôle, fun , c’est très réussi, classe, elle l’est, et sexy, en revanche c’est là plus contestable. Mais de manière générale, c’est une série qui s’apprécie vraiment pour peu qu’on accroche à ses fondamentaux que ce soit le cast ou sa narration. Bien que dotés de séquences très contestables, Kill La Kill reste un très agréable mélange de fun et d’awesome qui annonce le meilleur pour la suite de ses créateurs. D’un anime très hypé, on attend souvent une déception, on a là affaire à un vrai bon moment. La vie est drôle.

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