Sans whisky kiri kiwi.


Time of EVE : The Movie, un petit coin de paradis.

Initialement disponible sous forme d’épisodes en streaming, la présente critique se base sur la version Film de Time of EVE.

Un Japon futuriste où les foyers utilisent pour les tâches du quotidien des robots uniquement distinguables de l’Homme par un halo numérique flottant au-dessus de leurs têtes. Dis comme cela, l’univers de Time of EVE a l’air d’un background d’anime de SF d’un classicisime désespérant. Ce serait fortement se tromper que de s’arrêter à cela car comme d’autres oeuvres avant elle, Time of EVE cache sous un questionnement simple et connu, comment évoluerait pareille société, une multitude de réponses complexes et un peu décalées. Un peu comme l’excellente série Log Horizon a su le faire pour le genre du monde virtuel.

Commençons par la base : Le Time of EVE est un café caché comme un pratique point de sauvegarde dans la ville. A l’intérieur de ce café, une seule règle : la discrimination usuelle entre robots et humains n’existe plus. Les robots doivent enlever l’halo lumineux qui sert à les reconnaître et personne n’a le droit de poser la question à son interlocuteur pour connaître sa nature. Ce principe de respect simple de l’autre fait du Time of EVE une zone de rencontre et de dialogue sans préjugé à rebours complet du reste de la société japonaise présenté comme ne traitant la condition des robots que par l’ignorance ou la haine. Les robotmaniaques devenant les nouveaux geeks qui se font moquer par leurs camarades de classe ou les parents. Dans cette société qui voit le robot au mieux comme un outil, au pire comme une menace, l’existence du Time of EVE se révele petit à petit pour ce qu’elle est : une révolution lente.

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La version française aurait été un bluff bourgignon


No Game No Life, awesome games done quick.

L’avantage de la fiction c’est qu’on peut coucher sans coucher, y aller à fond sans risquer aucune séquelle d’un éventuel accident, bref on y profite de la tranquillité bienveillante de l’irréel bien supérieure à celle de l’IRL. « No Game no Life », cette plongée d’un couple de héros surdoués de la connaissance et du jeu mais inaptes aux connaissances et au je dans un monde de paris incessants, a tout de ce genre de fantasme assumé et jouissif. L’ensemble ne va pas sans perte ou maladresse mais à la fin de ces 12 épisodes, une seule question demeurera. « No Game no Life » aura t’il démontré la maîtrise de son terrain de jeux.

Pari qui bat la démesure

Reclus chez eux, nos deux héros sont des compagnons de jeu inséparables tant physiquement que virtuellement : on y trouve un garçon nommé Sora, 18 piges à s’astiquer son intuition, son sens du jeu et sans doute autre chose dans sa chambre, ainsi que Shiro, sa petite sœur de 11 ans qui semble nourrir sa vie de connaissances sans avoir jamais réussie à se rassasier. L’esprit bien fait et la tête bien pleine, le combo est redoutable et nos deux asociaux plongent dans et dominent l’univers des jeux vidéo de notre Terre. Or, on le sait, la Terre est l’objet d’un bien mauvais jeu de la vie que les esprits intransigeants et les capacités supérieures de notre duo ne peut ni ne veut apprécier ni même appréhender. Ca tombe bien car l’auteur du récit est sympa et décide de les balancer via un Dieu appelé Tet dans un univers de fantaisie régi par 10 règles immuables qu’on peut résumer en « Ici tout se détermine par des jeux ». Le monde idéal pour Shiro et Sora ? Totalement ! Ce serait pas un peu facile ? Oui mais c’est totalement assumé.
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Désolé mais je ne lui taillerais pas un costard.


Kill la Kill, anime de haute(s) tenue(s)

Des jeunes femmes qui se poutrent la tronche dans des tenues qu’on croirait dessinées par un pervers frustré en rut. Voilà comment on aurait pu définir Kill La Kill avant son lancement et en se basant uniquement sur les premières trailers. Sur la forme, la série avait en effet tout pour devenir la nouvelle beauferie otak à la mode. Pourtant quelques solides arguments contraires nourrissaient un doute raisonnable : à commencer par son réalisateur Imaishi qui est loin d’être un inconnu, il a quand même derrière lui de nombreuses années à Gainax et surtout la réalisation de « Gurren Lagann », ensuite la série est produite par le jeune studio Trigger déjà responsable de l’enthousiasmant mais hélas trop court « Little Witch Académia » et pour terminer il y avait dans toutes ces previews une folie annonciatrice d’une série étrangement épique, un peu comme un chien fou à qui on aurait filé de l’ecstasy. 24 épisodes plus tard, on n’aura pas complétement évité le malaise mais qu’est-ce qu’on se sera éclaté.

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Sous les briques, la plage


« Lego, la Grande Aventure », l’imagination au pouvoir !

Une de mes scènes préférés de « Ratatouille » est lorsqu’à la toute fin du film le critique Anton Ego se retourne vers le rat en cuisine et lui lance « Surprenez-moi ! ». La licence Lego est un petit peu comme ça, on a lancé les jeux vidéo en se disant « Bon ok, vous avez la licence Lego, montrez-moi ce que vous pouvez en faire en gameplay ! ». Et ce fut franchement sympa. A tel point que la franchise donna un nombre énorme de jeux différents sur plein de plate-forme. Pour le film, on fait face là à un nouveau défi et notamment celui d’une scénarisation beaucoup plus poussé pour convenir au format cinéma. Or sur ce point , en terme de background, la licence Lego est énorme et vide à la fois. Énorme parce qu’on ne compte plus la quantité d’éditions de Lego existantes et vide car le principe même des Lego est la feuille blanche (fin le tapis pour les clipser quoi). On a donc filé les jouets à Phil Lord et Chris Miller, déjà responsables de 2 tempêtes de boulette géantes, et en entrant dans la salle on prie bien fort pour qu’ils aient réussi à trouver quelque chose. C’est le cas.

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Louptsuba & friends !


« Les enfants loups, Ame & Yuki », que des loups anges

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Difficile en entrant dans la salle de cinéma de savoir à quoi s’attendre. Certes, on connaît déjà Mamoru Hosoda pour la délicieusement agitée Traversée du Temps ou les plus faussement sages Summer Wars mais rien dans ces 2 films, rien au moment où j’entre dans l’un des trop rares cinémas qui diffusent le film, rien donc ne peut me préparer à la baffe que s’apprêtait à m’infliger « Les Enfants Loups, Ame et Yuki ». Au premier abord, le scénario semble simpliste : l’enfance de 2 enfants loups et de leur mère à la campagne. Mais très vite, on s’apercevra que pour ce film la simplicité peut cacher énormément de choses. Mais ne commençons pas à épuiser tout de suite la longue liste des qualités et passons plutôt au contexte. Attention texte avec pas mal de « je » dedans.

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Un manga sans loli pop.


A lollypop or a bullet, chef d’œuvre à balles réelles

Oui, chef d’œuvre, autant lâcher le mot directement tant « A Lollypop or A Bullet » est un manga qui , en seulement 2 tomes, le mérite. En plus, maintenant vous savez dans quel genre de critique vous avez mis les pieds. A ce titre, l’exercice est d’ailleurs d’autant plus frustrant qu’il est très difficile de parler de ce manga sans jamais pénétrer à l’intérieur du territoire qui relève de la juridiction de l’expérience à vivre Land. Ce drôle de pays où le spoil de fin est assimilé à un crime contre l’humanité et le spoil moins grave est passible de la prison à vie . En bref, il va falloir faire dans la dentelle si je veux vous préserver le manga dans son intégralité. Mais commençons par restituer le contexte.

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