Prix du Jury


« L’hermine », le film qui fait la cour de Luchini

Avant de rentrer dans la salle de cinéma, je m’attendais à 2 procès. Le procès du film, évidemment, mais également le procès de ce bon vieux Fabrice. Ca fait un moment qu’on est fâché lui et moi et « L’hermine » devait servir à savoir si j’acceptais la remise de peine ou si je laissais croupir le phénomène dans le mépris, même pas de Godard. Au final, ce second jugement qui ne devait être qu’accessoire va tout emporter. Car « L’hermine » n’est pas un film sur la justice, ce n’est pas non plus une comédie ou un drame, pas plus que ce n’est une histoire d’amour ou plutôt si cela en est une mais en dehors de la fiction. En effet, ce film n’est rien d’autre qu’une déclaration d’amour magnifique et brillante à son acteur principal. Messieurs les spectateurs, asseyez-vous et maintenant place à la cour.

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Il fait beau dans le cerveau.


« Vice Versa » , le magnifique envol du cerveau lent

Peu importe qu’il soit un chef d’œuvre ou juste un bon divertissement, un film marquant aura toujours ce moment magique où la physique de son propre corps se fait déborder par l’émotion de la découverte d’une séquence qui résonnera en nous longtemps. Ces moments où l’on comprend pourquoi le cinéma est une chose importante et pourquoi il est un des rares moyens « facile » de créer un dialogue au-delà des mots entre deux êtres humains.

Ainsi, je me rappellerais toujours de ma première vision de « Ame et Yuki, les enfants loups » qui m’a littéralement retourné les tripes mentalement et intellectuellement. Je ne peux d’ailleurs pas aujourd’hui réécouter la bande originale de ce film sans ressentir une envoûtante vague me traverser doucement l’esprit. Mais ce n’est pas de ce film dont je souhaitais vous parler aujourd’hui mais de la dernière œuvre sortie des studios Pixar : « Vice Versa ».

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Une meilleure justice que celle de Ace Attorney.


Yuri Kuma Arashi : Ourses bien léchées pour anime de bon gaou gaou

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Série disponible en VOSTFR sur Crunchyroll.

« La tempête des ours lesbiennes », c’est sous cette phrase complètement surréaliste et traduction approximative du titre que m’a été vendu Yuri Kuma Arashi. Il faut dire que cette série partage avec le manga Onani Master Kurosawa une histoire avec une capacité sans pareille à être inracontable sans provoquer instantanément un fou rire et un regard réprobateur et confus de la part de votre interlocuteur qui hésite probablement à cet instant là entre croire que vous vous moquez de lui et songer à appeler des psys pour votre cas. Aussi, je ne me risquerais pas à l’exercice trop longtemps et me contenterais de vous dire que Yuri Kuma Arashi se déroule dans un monde où les ours ont acquis parole et intelligence et où humains et ourses se détestent et s’entretuent. Ou plutôt les humaines et les ourses tant le monde entier semble se réduire à la gente féminine et à des relations lesbiennes. Il est également question d’une tempête invisible qui emporte les gens mais je ne vais pas détailler plus que cela au risque de vous perdre.

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C’est nos pires heures


Snowpiercer, une arnaque pire que le wagon-restaurant

J’adore les trains, pas au point d’en connaître les différents modèles ou l’histoire, mais j’adore me promener dans les gares, voir les gens pressés courir, me demander ce que cet endormi assis en face va rejoindre, rire de ces personnes qui font mille coucous à des proches gentiment gênés avant le départ, lire à peu peinard même si bon bien sûr il y a aussi les désagréments comme les cris, les emmerdeurs ou l’espace qui manque. Mais oui de manière générale, j’aime bien l’ambiance ferroviaire. Alors quand on me vend un film post-apo en huis clos dans un train, vous pensez bien que je fonce. Un peu comme ce film mais lui se dirige à toute allure vers le mur de la honte.

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Sans whisky kiri kiwi.


Time of EVE : The Movie, un petit coin de paradis.

Initialement disponible sous forme d’épisodes en streaming, la présente critique se base sur la version Film de Time of EVE.

Un Japon futuriste où les foyers utilisent pour les tâches du quotidien des robots uniquement distinguables de l’Homme par un halo numérique flottant au-dessus de leurs têtes. Dis comme cela, l’univers de Time of EVE a l’air d’un background d’anime de SF d’un classicisime désespérant. Ce serait fortement se tromper que de s’arrêter à cela car comme d’autres oeuvres avant elle, Time of EVE cache sous un questionnement simple et connu, comment évoluerait pareille société, une multitude de réponses complexes et un peu décalées. Un peu comme l’excellente série Log Horizon a su le faire pour le genre du monde virtuel.

Commençons par la base : Le Time of EVE est un café caché comme un pratique point de sauvegarde dans la ville. A l’intérieur de ce café, une seule règle : la discrimination usuelle entre robots et humains n’existe plus. Les robots doivent enlever l’halo lumineux qui sert à les reconnaître et personne n’a le droit de poser la question à son interlocuteur pour connaître sa nature. Ce principe de respect simple de l’autre fait du Time of EVE une zone de rencontre et de dialogue sans préjugé à rebours complet du reste de la société japonaise présenté comme ne traitant la condition des robots que par l’ignorance ou la haine. Les robotmaniaques devenant les nouveaux geeks qui se font moquer par leurs camarades de classe ou les parents. Dans cette société qui voit le robot au mieux comme un outil, au pire comme une menace, l’existence du Time of EVE se révele petit à petit pour ce qu’elle est : une révolution lente.

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La version française aurait été un bluff bourgignon


No Game No Life, awesome games done quick.

L’avantage de la fiction c’est qu’on peut coucher sans coucher, y aller à fond sans risquer aucune séquelle d’un éventuel accident, bref on y profite de la tranquillité bienveillante de l’irréel bien supérieure à celle de l’IRL. « No Game no Life », cette plongée d’un couple de héros surdoués de la connaissance et du jeu mais inaptes aux connaissances et au je dans un monde de paris incessants, a tout de ce genre de fantasme assumé et jouissif. L’ensemble ne va pas sans perte ou maladresse mais à la fin de ces 12 épisodes, une seule question demeurera. « No Game no Life » aura t’il démontré la maîtrise de son terrain de jeux.

Pari qui bat la démesure

Reclus chez eux, nos deux héros sont des compagnons de jeu inséparables tant physiquement que virtuellement : on y trouve un garçon nommé Sora, 18 piges à s’astiquer son intuition, son sens du jeu et sans doute autre chose dans sa chambre, ainsi que Shiro, sa petite sœur de 11 ans qui semble nourrir sa vie de connaissances sans avoir jamais réussie à se rassasier. L’esprit bien fait et la tête bien pleine, le combo est redoutable et nos deux asociaux plongent dans et dominent l’univers des jeux vidéo de notre Terre. Or, on le sait, la Terre est l’objet d’un bien mauvais jeu de la vie que les esprits intransigeants et les capacités supérieures de notre duo ne peut ni ne veut apprécier ni même appréhender. Ca tombe bien car l’auteur du récit est sympa et décide de les balancer via un Dieu appelé Tet dans un univers de fantaisie régi par 10 règles immuables qu’on peut résumer en « Ici tout se détermine par des jeux ». Le monde idéal pour Shiro et Sora ? Totalement ! Ce serait pas un peu facile ? Oui mais c’est totalement assumé.
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